Les 120 ans du Lyon Olympique échecs- Partie1/3

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Partie1 : le club

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Du 25 au 27 septembre 2025, à l’invitation du Lyon Olympique Échecs, Éric Prié a rejoint la célébration des 120 ans du club et les 40 ans de Thèméchecs . Entre simultanées des grands maîtres, découvertes culturelles, ventes aux enchères, chaque instant a confirmé la singularité de ce lieu hors norme. 

Pour la première fois, je prends la plume pour relater un événement échiquéen. Comment passer sous silence un tel anniversaire ? C’est aux côtés de mon mari, Éric Prié, que j’ai découvert l’âme du Lyon Olympique Échecs et son histoire séculaire. Je rapporte ici, pour tous les joueurs de notre club, amateurs d’échecs ou d’art, les trésors dont j’ai été le témoin privilégié.

Ce séjour fut mémorable : par l’accueil chaleureux des lyonnais, par les visites organisées que le club nous a permis de découvrir, et aussi parce que c’était la première fois que je voyais un club incarner si profondément la culture des échecs. Loin d’être une simple salle de jeu, c’était un lieu où l’art et l’histoire du jeu respiraient. Moi qui ne joue pas, mon esprit y a trouvé un terrain d’enrichissement. Véritable gardien du temple, le club de Lyon en est la mémoire vivante, une référence absolue, de la France à l’échiquier mondial, grâce à l’infatigable et emblématique Christophe Leroy Membre du LOE depuis 1984 et Directeur depuis 1994, ainsi qu’au dynamique  président Christophe Mathieu et à leurs précieux collaborateurs.

Dès qu’on franchit les portes, on est saisi par la richesse du lieu : des murs tapissés d’affiches de tournois, de peintures de joueurs du club comme celles de Emmanuelle Halimi qui a reproduit des tas de tableaux sur le thème des échecs. On trouve aussi au club une multitude de coupures de presse, de documents rares, d’objets rares, d’échiquiers précieux…La culture échiquéenne y est exposée avec intelligence et passion. Les affiches m’ont particulièrement touchée, moi qui crée celles de nos tournois : elles sont de véritables œuvres d’art.  Merci pour ce partage généreux, ces affiches mises à disposition sont très inspirantes.

Dans le grand salon « Karpov-Kasparov » trône la table historique de leur match de 1990, entourée d’affiches mythiques et de portraits de champions. Les couloirs, les petits salons, la salle Duchamp, la salle des sœurs Polgar… chaque recoin regorge de trésors. Jusque dans les escaliers menant aux archives (véritable caverne d’Ali Baba), la pendule qui scandait les temps de réflexion des deux géants durant ce même affrontement légendaire.

À mes yeux, ce club est le plus beau de France. Jamais je n’ai rencontré ailleurs une telle atmosphère. Les enfants et les adultes qui apprennent et jouent ici évoluent dans un cadre unique, au contact de l’histoire échiquéenne. La chaleur de l’accueil rend l’expérience encore plus marquante. J’ai vu le président répondre avec passion aux questions d’un couple de visiteurs de passage : anecdote après anecdote, toutes plus captivantes les unes que les autres.

Christophe Leroy, lui est le chef d’orchestre de ce tumulte joyeux où j’ai ressenti le fameux « Gens Una Sumus »

Au fil de mes découvertes auprès des murs, j’ai appris que Christophe avait résolu la partie d’échecs d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll et en avait fait un livre (disponible dans la boutique du club). J’ai aussi retrouvé notre Florence Rollot Florence Rollot et Kasparov, Tristan elle a joué à Lyon le temps de ses études d’ingénieur à l’ECAM LaSalle-Campus de Lyon  et aujourd’hui elle est  vice-présidente de l’échiquier carcassonnais.

Une maman m’a confié que ses enfants ne mesuraient peut-être pas la chance d’évoluer dans un tel environnement. Je lui ai répondu que nous non plus, peut-être, ne réalisons pas toujours la chance d’avoir dans notre région un Grand-Maître comme Éric Prié, dont la connaissance technique et historique est un atout inestimable et en fait une mémoire vivante des échecs français.

Au LOE, on sent les membres heureux de participer à cette aventure commune. Les dirigeants inspirants, les collaborateurs impliqués, les mamans investies dans la vie du club.

Ici, les échecs rencontrent la culture. Peut-être devrais-je dire retrouvent la culture, car culture et échecs vont de pair même si  de nos jours, l’aspect compétitif prend souvent le dessus. Mais les échecs ne sont pas qu’un sport : ils sont aussi un Art, et au LOE, on le ressent pleinement.

Si vous avez l’occasion de participer à un de leurs tournois, n’hésitez pas ! Vous repartirez avec des étoiles plein les yeux et de merveilleuses histoires à raconter aux amateurs d’échecs. Et pour ceux qui hésitent à y emmener leur famille : sachez que l’endroit est si captivant qu’il saura charmer tous les accompagnateurs, joueurs ou non.

Ah, Lyon… qu’il fait bon vivre chez vous !

 

photos du club de Lyon

Plusieurs champions étaient venus féter les 120 ans de LOE :

Jean-Claude Letzelter, invité d’honneur

L’événement a eu l’immense privilège d’accueillir Jean-Claude Letzelter comme invité d’honneur. Véritable légende des échecs français, il a remporté le Championnat de France à trois reprises :
•             1968 à Lyon / Charbonnières-les-Bains,
•             1971 à Mérignac,
•             1974 à Chambéry.

Membre de l’équipe de France aux Olympiades d’échecs de Lugano 1968, Skopje 1972, Haïfa 1976 et Buenos Aires 1978, Jean-Claude Letzelter incarne à la fois l’excellence sportive et la mémoire vivante d’un demi-siècle d’échecs français. Sa présence conférera un éclat particulier à ces festivités.

Une mention spéciale à ses tours de magie lors du diner de jeudi, après la simultanée de Christian Bauer, Jean Claude était encore plein d’énergie à minuit.

Mehrshad Sharif, Capitaine historique du LOE Champion d’Europe et 6 fois champion de France, qui avec Éric se sont rappelés des souvenirs échiquéens. Il y en avait beaucoup depuis 1979  année où ils ont fait connaissance !

Le GMI Christian Bauer que l’on ne présente plus, 2 fois champion de France qui a donné une simultanée jeudi soir contre 31 échiquiers (une nulle et une perte).

 Pour Éric Prié, dont le premier souvenir lyonnais remonte à l’Open de 1990 , tenu en parallèle du légendaire championnat du monde Karpov-Kasparov , cette terre est marquée du sceau de la destinée. Cet hiver là, une tempête de neige avait bloqué son véhicule venu de la banlieue parisienne, le forçant à trouver refuge… Chez Mehrshad lui même à Villeurbanne. S’ensuivirent les matchs homériques du Top 16 entre Clichy et Lyon, notamment lors de la saison 92-93, qui vit s’affronter les géants: Kasparov à Auxerre, Karpov à Belfort et Anand à Lyon ( contre qui Eric arracha une nulle mémorable).

Nous nous souvenons aussi des déplacements de l’échiquier carcassonnais, du temps de la première division, dans l’ancien club rue de l’Angile, puis dans l’actuel, si pratique, accolé à la mairie du 9e arrondissement. Sans oublier les tournois fermés de Maîtres et de Grands Maîtres organisés à l’ECAM LaSalle-Campus de Lyon, qui ont encore enrichi cette histoire commune.

Vendredi soir, Le GMI Éric Prié a une nouvelle fois écrit une page de cette longue collaboration, en donnant une simultanée face à 34 échiquiers, dont il sortit vainqueur avec une nulle et une défaite. 

album photo du club
Quelques trésors rassemblés